Actuellement en résidence : JC POLIEN
Deux semaines à Caza d’Oro. Puis Paris puis Nantes où je suis actuellement. Je prends du recul par rapport aux moments passés là-bas, à ma rencontre avec Claus, Nathalie, Gloria et Stella, Jean-Luc… Je prends aussi le pouls de ma rencontre avec le territoire Ariégeois et celui de grotte, des objets qui y ont étés retrouvés et qui sont exposés dans le musée du village. Changement radical entre le Mas d’Azil (Royaliste) et Paris (Sarkozyste)! Mais les changements, s’ils sont déstabilisants, permettent aussi aux idées d’avancer et de se confronter à d’autres réalités. Je n’ai fait « que » lire pendant ces 15 premiers jours de résidence, et rencontrer les gens et les choses que je croisais sur mon chemin. C’est un luxe total de pouvoir passer des journées à lire, à emmagasiner des données, des pensées, mettre la cervelle en route. Je me dis que je souhaite élaborer le projet en relation à la préhistoire dans un certain état de calme intérieur, pour mieux laisser venir, les images qui, en moi se formulent. Puisque le propos du projet est justement de « laisser venir », de s’imprégner de la réalité du Mas d’Azil, des réalisations préhistoriques (picturales) et produire un ensemble de dessins en résonnance avec la peinture pariétale. Retrouver en soi ce qui est PRIMITIF. Et comment faire? Comment accéder à cette part de soi qui n’est pas nommable? Qui se cache loin dedans si ce n’est en étant attentif et à l’écoute de ses « dedans ». Voilà ce que je vais essayer de faire, être à l’écoute de ma pré-histoire, de ce qui se dit en dehors des mots, en amont du langage, dans l’inconscient, là où se situent les « chaos » de soi-même, ce que l’on ne maitrise pas vraiment, qui est de l’ordre de la pulsion, de l’impulsivité. Peut-être que ces « Chaos » auront la forme d’un oeil ou d’une chaussure? Mais je pense plutôt qu’ils ne ressembleront à rien de déjà là, de connu. Les hommes préhistoriques représentaient sans doute leur(s) dimension(s) sacrée(s) à travers la peinture pariétale. Moi, femme de 35 ans vivant en 2007, avec ma singularité, mon individualité (ce qui me constitue en propre), qu’est-ce que je peux/veux représenter du monde dans lequel je navigue? Monde extérieur et monde intérieur (celui qui m’interésse là : le monde psychique). Se retourner vers soi, y puiser matière à aller vers l’autre.
Bises à tous, à bientôt pour la suite,
Carole Douillard
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