Actuellement en résidence : JC POLIEN

Les expositions : de janvier à avril 2012 : Le CAMSP à Foix avec une œuvre de Suzanne Husky, les écoles maternelles de Tarascon sur Ariège avec Elodie Lefebvre, de Pamiers Gabriel Fauré avec Jean-Luc Favero, de Saint Paul de Jarrat avec Jean-Luc Favero,l’école maternelle et primaire de Le Mas d’Azil avec Sylvain Auburgan et la cité scolaire de Mirepoix (SEGPA) avec Sonia Khenfech.

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Carole Douillard – Many grounds, recherche en pré-histoire

Écrit le 19/09/2007 - Classé dans Le mot du résident - Commentaires fermés

Un projet de recherche, une résidence de création.

Au cours de cette rencontre avec la préhistoire de l’humanité, notre préhistoire, je me questionne sur la notion de pulsion plastique, de pulsion dessinée, sculptée, agie. Je m’approprie des symboles ou je joue avec, comme on joue avec des objets, sans vraiment d’autre but que celui de jouer, et accomplir, bien sûr, le jeu dans une/des forme(s).

Les hommes de la préhistoire retranscrivent, mettent en forme leur rapport au monde à travers le dessin, l’inscription sur la paroi d’une part de leur imaginaire, pas la totalité sans doute, mais une part.

La représentation que l’on (se) fait du monde passe par des symboles, des images individuelles et collectives (une identité qui se constitue par strates et par projections).

Je commence à me demander (« se demander », c’est l’objet pour moi de ce temps de résidence de recherche) à quoi pourrait bien correspondre l’idée d’une pré-histoire du sujet (sa propre primitivité). C’est un postulat de base, une piste de réflexion, à laquelle je tente de donner forme(s).

Il faut dire que j’aborde cette idée de pré-histoire dans le sens de ce qui ne se dit, ne se parle pas (de manière directe et orale) mais s’élabore sous forme d’images, de symboles plus ou moins conscients. Une sorte de matière mentale individuelle donnée à voir de manière brut(al)e.

Cette recherche mène, là , à plusieurs objets plastiques qui fonctionnent distinctement, à plusieurs niveaux, comme se structure l’inconscient, parfois de manière non-liée.

Alors ces éléments peuvent n’avoir aucun rapport direct (en ont-ils ?) mais certaines notions découvertes (en relation à la préhistoire) les parcourent, les traversent :

Le rituel (contemporain) traduit en performance singulière, l’acte, l’impulsion, la projection dans une/des image(s) d’une partie de la pensée.

Une forme d’inconscience ou de subconscience « actée » (je ne sais pas trop à quel niveau de mon psychisme cela se situe). Un rapport à soi par « ce qui vien », « ce qui surgit ».

Bien sûr, les images (formes) produites peuvent être comprises, analysées depuis l’extérieur, elle se rapportent a quelques symboles (ou archétypes) délimités (le phallus).

Ceci dit, « par » moi, cela vient de l’intérieur, l’intérieur du crâne, celui de la paume, celui du corps.

Ingurgiter, régurgiter. Assimiler.

Je ne peux que montrer « ce » phallus. « ces » images mentales, ces « réalités » comme des choses qui m’appartiennent et convoquent l’autre.

Et faire un rapprochement, puisque le cœur m’en dit, entre la salle rouge badigeonnée de la grotte du Mas d’Azil et le white-cube muséographique, ce fameux white-cube, espace de projections en tous genre s’il en est, qui enserre le 20 ème siècle dans un écrin lisse et stable, blanc et artificiel.

Carole Douillard

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