Actuellement en résidence : JC POLIEN
Cette première salle du parcours a été conçue comme l’antichambre d’un opéra fantasmagorique à découvrir (l’exposition elle-même ?). Sur deux lustres de tessons de bouteilles – véritables stalactites ou stalagmites d’apparat – se sont posés des centaines de papillons alors que des dessins animés de chauve-souris virevoltent sur les parois. Ce ballet de vols de vampires et d’éclats de lumière balaye l’intérieur d’un crâne que l’artiste a reconnu dans ces lieux. La poétique de l’œuvre nous installe dans un temps suspendu, dans une sorte d’indécision constitutive de toute activité humaine (et de l’art), c’est- à-dire entre nature et artifice.
Delphine Gigoux-Martin est née en 1972. Elle vit et travaille à Durtol près de Clermont-Ferrand. L’artiste réalise, à partir de la taxidermie animale et de matériaux naturels, des installations sculpturales où viennent souvent s’ajouter, sorte de motifs réactivés de la grotte rupestre, une projection de dessins d’animation représentant des animaux s’agitant dans leur cadre spatial. Si ces volailles et mammifères naturalisés ramènent objectivement à la réalité d’espèces domestiques ou sauvages, l’artiste les soulève de terre et les confronte par le haut, parfois brutalement, à l’espace d’exposition, mur ou verrière, où ils viennent frontalement buter sur la réalité d’une clôture architecturale. Le statut animalier détourné, la nature végétale retournée, ses fragrances pourrissantes, contribuent parfois à épaissir le propos de sa recherche sur d’autres perceptions comme l’odorat, le goût apprécié de la chair du gibier et les arts de la table. L’opposition nature et culture, la trouble et double différenciation animal/humaine, le déchet organique poétisé (et non pas recyclé par la froide raison économique écologique moderne), un enchantement d’étrangeté, le déterrement de sens atrophiés valident autant de pistes dans la lecture d’un travail qui se refuse à trop de lisibilité. L’animal mort devient acteur d’une scène culturelle vivante, et l’aspect quelque peu cruel des propositions formelles renforce des questions contemporaines, qui, comme ces animaux évidés, tentent désespérément de fuir sans pouvoir s’échapper.
Delphine Gigoux-Martin vit sur la région Auvergne avec un parcours artistique prometteur. Son exposition en 2006 au château des Taurines en Aveyron organisée par le centre d’art contemporain Les Abattoirs de Toulouse, de même que son intervention au Centre Culturel Valéry Larbaud à Vichy en 2005 témoignaient de l’avancée des recherches de l’artiste ces cinq dernières années. Son exposition à Thiers participera à la reconnaissance de ce travail au niveau national.
Delphine GIGOUX-MARTIN Née en 1972, vit et travaille à Clermont Ferrand
2009
2007
2006
2005
2004
2003
2002
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