Actuellement en résidence : JC POLIEN
« Les Merdlhumanités » est apparue dans des crottes préhistoriques.
(Une des plus grandes énigmes de l’histoire humaine enfin élucidée)
Les plus anciennes représentations de formes humaines en volume qui nous soient parvenues remontent à la préhistoire et consistent en des entités féminines.
Les attributs plastiques qui permettent de caractériser la féminité de ces formes sont si excessivement apparents, que les préhistoriens les ont qualifiées de « Vénus ». Cependant, toute comparaison avec la statuaire grecque s’arrête à ces emprunts de nom.
D’abord, ces « Vénus » sont de très petites dimensions : quelques centimètres et bien qu’il s’agisse d’œuvres taillées et non de modelages, on n’y sent pas cette force de jaillissement triomphant propre aux œuvres en taille directe. Au contraire leur topologie évoque étonnement les formes moulées et lourdes… des étrons.
On ne peut exclure, que des représentations d’entités féminines aient été modelées par les humains de ces époques. Cependant leur fragilité n’a probablement pas permis leur conservation. On connaît quelques exemples de modelages qui prouvent que la technique était connue et pratiquée—ainsi que l’a encore révélé récemment la grotte Cosquer— mais il s’agit toujours de représentations d’animaux dont le style nous apparaît sommaire, du moins si on le compare avec la perfection d’exécution technique et artistique qui caractérise les peintures rupestres du Magdalénien.
Pourquoi donc une telle différence de « qualité » entre les sculptures et les peintures? Pourquoi des femmes plutôt que des hommes ? Pourquoi ces formes scatoïdes stylisées au lieu d’anatomies précises?
La révélation de l’explication m’est venue alors que je pensais réaliser un hommage à l’artiste Gérard Gasiorowski et sa fameuse série des « tourtes » réalisées avec sa propre merde. Voulant intituler ce projet « La plus-vieille-œuvre-d’art-contemporain du Monde », je me mis en quête de merdes fossiles que les scientifiques appellent plus proprement « Coprolithes ».
Le problème de la plupart des coprolithes, en tout cas pour l’usage que je souhaitais en faire, est qu’elles sont généralement de forme aplatie et donc insuffisamment évocatrices visuellement à mon goût. Toutefois, je finis par trouver dans une échoppe spécialisée des étrons parfaits : des spécimens tellement réalistes qu’on aurait pu croire que c’étaient des gadgets de farces et attrapes. Il s’agissait de coprolithes de tortues remontant au Myocène. Leur perfection était due au fait que les amphibiens fréquentent l’eau ou la vase et y évacuent donc aussi leurs excréments. Certaines circonstances géoclimatiques ayant été réunies, les étrons que j’avais trouvés avaient pu commencer à se fossiliser il y a environ 25 millions d’années en leur état de forme initiale.
Ce qui était immédiatement frappant c’était que leur forme évoquait fortement celle des Vénus préhistoriques. En effet, à la différence des étrons lâchés sur un sol ferme qui s’avachissent plus ou moins côniquement sous leur propre masse, quand ils ne sont pas tout simplement disloqués par la force de leur chute, (l’effet bouse) les étrons lâchés dans la vase par les tortues sont affectés moins brutalement par la gravité terrestre : des forces d’atténuation sont réparties par le milieu aquatique dans toutes les directions. Aussi bien donc, la mémoire exacte des étapes de leur excrétation a pu être conservée dans la forme des fossiles : au commencement du colombin, forme conique fine, grumeleuse, et compactée par le séjour prolongé dans le vestibule cloacal soigneusement fermé. Ensuite, forme cylindrique régulière du colombin augmentant progressivement de diamètre, puis, forme culminante de gros diamètre, massive et circonvolue, de la masse fécale principale libérée très rapidement par le cloaque dilaté au maximum, et diminution brusque, enfin, du diamètre et de la masse rapidement terminée en cône pincé par la rétraction spasmodique du cloaque soulagé, comme tirebouchonné en houppette terminale au sommet de la masse principale de l’étron.
A l’inverse des déesses bien nées les étrons viennent donc par les pieds, mais en tout état de causes, la disposition morphologique générale des « Vénus » des cavernes se trouve à peu près correctement figurée.
Chez les humains, la constitution sexuelle survient à l’adolescence selon deux modes différents pour les hommes et les femmes.
Pour l’homme les modifications sont assez peu spectaculaires : il s’agit essentiellement de renforcements morphologiques. Plus grand plus fort. La seule « nouveauté » spectaculaire, étant l’apparition des poils durs, sur le visage la poitrine et les zones génitales. Ce qui peut expliquer que les représentations du principe masculin se résument le plus souvent à des symboles phalliques simplifiés pour ne pas dire rudimentaire: poteaux, ustensiles phalloïdes. Un registre de formes et de référents aussi limité que répandu symbolisant le phallus et l’érection. Le principe masculin peut se résumer à cette seule figure aussi hypertrophiée qu’elle est simple et presque abstraite. .
La constitution physique des femmes, s’accompagne en revanche d’ un changement de formes spectaculaire. L’apparition de la poitrine des hanches et des fesses plus ou moins proéminentes sont des signes très évidents visuellement. C’est encore par un changement de formes que se manifeste par la suite la fertilité des femmes, l’arrondissement et l’augmentation du ventre. C’est, enfin, par la production d’une forme sortie d’elle, que se manifeste, dès le premier instant, l’accomplissement de la fonction maternelle. Le nouveau-né sort, masse informe, forme repliée qui se déploie. Tout cela est tangible et possède épaisseur dimension et durée.
Par comparaison l’instrument simpliste et de dimension limitée de la fertilité masculine n’est un cyclope aveugle et manchot qui émet par petites quantités une substance incertaine de forme et d’aspect, un principe abstrait, une promesse tout au plus. Lucide, Valéry avait d’ailleurs noté avec humour dans ses Mauvaises pensées et autres que « La noblesse est une propriété mystique de la liqueur séminale ».
La sculpture, est avant tout une question de forme en volume. Et la forme en volume est d’autre part l’apanage originel de la femme comme on l’a vu.
Il était donc fatal que le sculpteur primitif n’eut d’autre choix pour réaliser les premières sculptures, que de prendre un double modèle formel.
Celui de la femme, comme prêtresse de la forme,
celui de la merde comme signature formelle reliant tout le règne vivant : femme-hommes-bêtes à égalité communient et communiquent symboliquement et territorialement par la production de leur merde-forme.
Seuls les morts ne chient plus.
Ainsi devine-t-on que le sculpteur primitif était tout à la fois une artiste expressionniste conceptuel et humaniste.
À travers ces « Vénus » outrageusement stylisées : gros ventre gros seins mais sans pieds, il traite de la question sculpturale en soi. Par là il se révèle conceptuel.
À travers les formes imitées de la merde il traite d’une forme universelle comme produit-signe de tout vivant. Par la il se révèle expressionniste.
À travers la figure de la femme enfin, il traite d’un Autre énigmatique. Et le célèbre. Par là il se révèle humaniste.
Ainsi donc se trouve enfin élucidée une des plus grandes énigmes de l’épopée humaine. Ces figures, contrairement à ce qui a pu être supposé par de pseudo-savants, ne sont donc ni des déesses ni des figures de fécondité, mais tout simplement des figures de fertilisation créées par des artistes-hommes.
Jamais en effet des femmes n’auraient consenti à se représenter elles-mêmes de manière aussi grotesquement merdeuse, et pour certaines d’entre elles parées d’aussi peu de bijoux…
Olivier Blanckart est né à Bruxelles en 1959. Artiste autodidacte, il a d’abord pratiqué la photographie. Il réalise des sculptures au moyen de matériaux d’emballage détournés : carton, papier kraft, et scotch d’emballage qui donnent à ses sculptures un aspect caractéristique. Ses sculptures sont généralement une réinterprétation d’icônes de la photographie d’art ou de reportage. Elles s’inscrivent ainsi dans une lignée du pop art et du superréalisme. Il a réalisé quelques performances, et pratique également le portrait photographie détourné (Moi en Jean-Paul Sartre, Moi en Bruce Willis, Alberto Sorbelli en Warhol as drag…).
2009
24-04 / 06-06 – Coming Home (Pauvre France)
Aeroplastics Contemporary, Brussels
2008
Momma Don’t Preach
PPOW Gallery, New York
2005
06-10 / 10-10 – Olivier Blanckart
FIAC 05, Paris
2004
00-02 / 00-05 – Le Grand Afflictif
MAMCO, Geneva
00-02 / 00-05 – Who is affraid of the Invisible Man?
Centre photographique de Geneva, Geneva
2003
06-11 / 27-11 – Olivier Blanckart
La tête d’obsidienne fort napoléon, La Seine-sur-Mer
Catalogue ed. La tête d’obsidienne
03-04 / 17-05 – Giotto
Ecole municipale des Beaux-Arts, Gennevilliers
2002
08-11 / 13-12 – Stairway to H…
Galerie commune, Tourcoing
00-06 / 00-00 – Art Dealers, Foire d’Art Contemporain
Marseille
08-03 / 27-04 – Don’t go breaking my art
Galerie Loevenbruck, Paris
00-01 / 00-03 – Quasi-Objets
Musée de l’objet, Blois
1999
00-11 – Man day
C.A.N, Neuchatel
00-05 – E Ché Homo
Apt
1998
00-11 – Remix pour le temps présent
Galerie le Triangle/FRAC Aquitaine, Bordeaux
00-11 – Ressembler/ Rassembler
Exposition sur le site internet des Inrockuptibles.
00-08 – The remix Saïgon
Galerie NADIFF, Tokyo
00-01 – The Remix
Project room-Emmanuel Javogue, Paris
00-01 – Invisible man go art
Ecole des Beaux-Arts, Nîmes
Avec Yan Pei Ming.
1997
00-05 – Sous la glace
Galerie Sintitulo, Nice
00-04 – The Remix
Les Bains, Paris
1995
00-12 – La galerie des urgences
Centre Georges Pompidou, Paris
1994
00-05 – Mit niveau
Académie Schloss Solitude, Stuttgart
1993
00-02 / 00-03 – Rencontre dans un couloir
Domicile privé de Hou Han-jou & Evelyne Jouano, Paris
1992
01-12 / 05-12 – La galerie des urgences
Paris
1991
00-03 / 00-04 – Tout mi turbi
Galerie Giovanna Minelli, Paris
1990
00-11 / 00-12 – Perinde ac cadaver?
Villa Arson, Nice
00-05 – Is there anything frightening in red, yellow and blue?
Galerie Jean Francois Dumont, Bordeaux
2007
28-09 / 03-11 – Rare Essence
Aeroplastics contemporary, Brussels
18-10 / 22-10 – FIAC 2007
Cour Carré du Louvre, galerie Loevenbruck, Paris
2006
26-10 / 30-10 – FIAC 2006
Cour carré du Louvre, stand D17, Paris
19-10 / 19-10 – Documents d’artistes
IAC, Villeurbanne
22-09 / 15-10 – Le Printemps de Septembre
Le Château d’Eau, Toulouse
10-03 / 01-04 – Déjà 5 ans seulement
Galerie Loevenbruck, Paris
2005
01-12 / 04-12 – Art Basel Miami Beach
Miami
14-10 / 14-01 – Spirit of…DADA
Galerie Art Attitude Hervé Bize, Nancy
06-10 / 10-10 – Olivier Blanckart
Prix Marcel Duchamp, FIAC 2005, Galerie Loevenbruck, Paris
02-10 / 07-11 – Helden Heute- Héros à Jamais
Centre Pasqu’Art, Berne
00-10 / 00-01 – DONNA DONNE
Palazzo Strozzi, Firenze Italia
23-09 / 02-11 – Pierre Molinier, Jeux de Mirrors
Musée des Beaux-Arts, Bordeaux
21-06 / 21-09 – Les choses à leur place
Au Carré / Bonnat, Bayonne
15-05 / 31-10 – L’Idiotie, Experience Pommery 2
Domaine Pommery, Reims
01-04 / 31-06 – OK/OKAY
Swiss institute Contemporary Art, and Grey Art Gallery, New York, New York
00-03 / 00-06 – Collection 2
Fondation pour l’art contemporain Jean-Marc & Claudine Salomon, Alex (Annecy)
2004
00-08 / 00-00 – Le derrière
Galerie Martagon, Malaucène, Vaucluse
00-06 / 00-07 – La mort en face
Galerie Guy Bartshi, Geneva
00-05 / 00-06 – Aménager la maison, habiter le musée
Museo d’arte contemporanea di Villa Croce, Gênes
11-03 / 31-05 – La grande parade
Galerie du Grand Palais, Paris
24-02 / 09-05 – Tour-détours de Babel
MAMCO, Geneva
2003
14-12 / 22-02 – Narcissus
CRAC Alsace, Altkirch
16-06 – Classe Chantier
L’Ecole d’Art- Musée de l’objet de blois, Blois
05-03 / 26-04 – EXTRA
Swiss Institute-contemporary Art, New York
2002
31-10 / 19-01 – French Collection, Mamco
Musée d’Art Moderne et contemporain, Geneva
18-10 / 22-11 – Art at the turn of the rue de Seine et la rue de l’Echaudée
Galerie Loevenbruck, Paris
29-09 / 17-11 – Voila la France
Il Filatoio, Cesac, l’Ala, Le Serre Reali, Caraglio
05-09 / 15-09 – La Force de l’Esprit
Espace Pierre Cardin, Paris
08-08 / 08-09 – La Cuite
Galerie Martagon, Paris
2001
00-09 / 00-10 – Le vet tendre de la cime des pins
Galerie Art Attitude Hervé Bize, Nancy
21-06 / 13-07 – Putain de République
Galerie Loevenbruck, Paris
00-06 / 00-10 – King Size
Musée international des arts modestes, Sète
00-05 / 00-07 – Situation
Association Immanence, Paris
00-01 / 00-05 – Bricolage
00-01 / 00-04 – Mi-figue, Mi-raisin
Espace François Mitterrand, Périgueux
2000
00-12 / 00-06 – Le fou dédoublé
00-06 / 00-07 – Transfert
Xème exposition Suisse de sculpture, Bienne
XX th century lonely
5 ème biennale d’art contemporain de Lyon, Lyon
1999
00-09 – projet PO box
MAMCO, Geneva
00-06 – Ah, les beaux jours
Square des Batignoles, Paris
00-01 – Shivah
Action RE espace du collectif public, Paris
1998
00-12 – Gare de l’Est
Casino Luxembourg, Luxembourg
12-06 / 21-06 – Pour un objet-dard
Espace Volga, Paris
1997
00-12 – réveillons nous
galerie Météo, Paris
00-09 – objectif lune
Centre d’art de Neuchâtel, Neuchâtel
00-06 – Et tous, ils emmerdent le monde
Galerie Sintitulo, Nice
00-04 – Petit, économe, tonitruant
Galerie Le Triangle, Rennes
1996
00-12 – Un cadeau unique
Galerie Lucien Durand, Paris
00-11 / 00-12 – Happy end
Galerie Satellite, Paris
00-05 – Sans Titre
heart Galerie, Paris
00-03 – L’art parodic
Galerie Meteo, Paris
29-02 – Ouvert la nuit
Ecole des Beaux-Arts, Avignon
1995
17-06 / 20-06 – Voisins et amis
A l’écart (lieu alternatif de création autogéré), Montreuil
00-06 / 00-12 – Le cheval en fete
Centre d’art contemporain, Pougues les Eaux
00-06 – Sans Titre
Foire de Bâle, Bâle
1994
00-05 – Premio Grancia d’Argentino
Rapolano-terme, Sienna
1993
00-06 – Sans Titre
Heart Galerie, Paris
1992
00-10 – Exposition en vue de la fondation d’une fondation
1991
Le halo’s charmant
Collège Marcel Duchamp, Chateauroux
1990
Sans Titre
Galerie Victoria Miro, Frankfurt kunstmesse
Les quatre éléments
1989
00-07 – « Pas à côté pas n’importe ou 4″
Villa Arson, Nice
00-07 – En villégiature, dix artistes, dix oeuvres éphémères
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