Actuellement en résidence : JC POLIEN
Jan Fabre (Né en 1958 en Belgique – Vit et travaille à Anvers)
En écho aux éléments archéologiques présentés dans les vitrines en place (os d’animaux, crâne humain, galets peints, crânes décharnés sculptés, propulseurs et outils de silex), Jan Fabre procède à une sorte d’extension de la poétique de cet existant en proposant une réflexion sur l’humanité, ses métamorphoses, son potentiel de renaissance, de redressement et de survie dans ses défis face aux échéances du temps et de la mort. En renouant avec les énergies artistiques premières, il a choisi de présenter dans d’autres vitrines un ensemble de sculptures-visions qui sont à interpréter comme autant d’oracles. Parmi celles-ci on trouvera les deux agneaux de bronze intitulés Sanguis sum (Je suis sang) inspirés de l’agneau mystique de Van Eyck dans une version autant sacrificielle que festive. A ces pièces de bronze seront associées d’autres sculptures réalisées à partir d’os humains recouverts d’or. Ces colonnes vertébrales et autres sacrums (Vermis dorsualis & Devil masks) symbolisent aussi des étapes post mortem en renvoyant autant à la scapulomancie (système divinatoire à partir d’os d’animaux) qu’à l’usage de l’or dans l’Egypte antique où les masques mortuaires et les objets recouverts d’or devaient permettre aux défunts d’atteindre àl’éternité en incarnant la brillance des étoiles du cosmos.
Selon Jan Fabre, l’art ne consisterait pas en une simple quête spirituelle, mais serait également investi d’une puissante dimension corporelle. Fantastique et dérangeant, son œuvre entremêle des éléments physiques de tout ordre et aborde des thématiques aussi diverses que la condition humaine, les instincts primaires, le monde des rêves ou encore les relations parfois complexes existant entre l’humain et le monde animal.
L’oxymore du « guerrier de la beauté », qu’il revendique à plusieurs titres, demeure la manière la plus appropriée d’évoquer son travail. Il révèle un art de l’affrontement, souligne la finalité d’une quête idéaliste et met en lumière la dualité d’un Janus exhibant les contraires pour mieux les transcender : passé/avenir, vie/mort, rêve/cauchemar, discipline/chaos, corps physique/corps spirituel, réalité/fiction, immobilité/métamorphose, disparition/apparition sont autant de facettes inhérentes à l’œuvre de Jan Fabre. Celui-ci agit comme un expérimentateur dont le laboratoire – celui des arts et des corps – prend en compte les symboles, métaphores, mythes de l’humanité.
L’univers fabrien est marqué par des figures emblématiques comme le chevalier, l’ange, le scarabée ou le hibou. La découverte de l’entomologiste Jean-Henri Fabre est à l’origine de sa passion pour le monde microscopique. Le scarabée sacré, auquel il s’identifie depuis la fin des années 1970, deviendra son insecte fétiche, inlassablement décliné et mis en scène dans ses séries de dessins et ses sculptures. En humaniste, il place l’étude du corps matériel et spirituel au coeur de sa démarche artistique, n’hésitant pas à repousser ses propres limites dans ses performances et ses films.
RSS -