Actuellement en résidence : JC POLIEN

Les expositions : de janvier à avril 2012 : Le CAMSP à Foix avec une œuvre de Suzanne Husky, les écoles maternelles de Tarascon sur Ariège avec Elodie Lefebvre, de Pamiers Gabriel Fauré avec Jean-Luc Favero, de Saint Paul de Jarrat avec Jean-Luc Favero,l’école maternelle et primaire de Le Mas d’Azil avec Sylvain Auburgan et la cité scolaire de Mirepoix (SEGPA) avec Sonia Khenfech.

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MYRIAM MECHITA

« – tu crois que si on tombait à travers l’espace on finirait par ralentir ou à la longue on irait de plus en plus vite ?
- de plus en plus vite, pendant longtemps, d’abord on doit rien sentir, ensuite on imploserait dans un flash et on brûlerait à jamais, et les anges ne pourraient rien pour nous, parce que ça fait longtemps qu’ils sont partis. »

David Lynch, Fire walk with me

L’installation de Myriam Mechita est une drôle d’architecture dont la stabilité, comme en suspension, semble régit par une puissante force. Des corps de chevreuils mutilés sont pris dans un trou noir argenté comme s’ils étaient soumis à une sorte de kryptonite verte dominant l’ensemble. Ce cristal, qui a le pouvoir de rendre Superman plus vulnérable qu’un humain, voire même de le tuer (ainsi que tous les êtres vivant originaire de la planète Krypton) génère ici les même ravages. Pourtant, le noeud de chaînes devient une demeure paradoxalement moelleuse. Achevée ou non, l’aspiration des forces fixe les choix et, les corps dépecés mais apaisés, révèlent une beauté fictionnelle. Le travail de Myriam Mechita explore la temporalité et l’illusoire :  » Mes productions refusent la solidarité, l’harmonie, la fusion. […] je décèle toujours un questionnement sur le temps et son insaisissable fuite ». Le charnier qualifierait-il mieux alors cette installation ? En mêlant le scintillement des feuilles d’aluminium polimiroir à la violence des corps abîmés, l’artiste réalise une oeuvre troublante. L’éblouissement uniformise les peaux en facettes
dans le centre de gravité-écrin en chaîne et fausse le méticuleux travail d’assemblage de l’artiste. Fuite du temps, temps arrêté d’un macabre carnaval, les dépouilles clinquantes de Mechita réactualise entre mystère et brutalité, attraction et répulsion, la tradition des vanités.
L’oeuvre-magma a laissé échapper une coulure (aluminium, sang, pourriture ?) qui souille ou nourrit le sol afin de réveiller, peut-être, quelques divinités chtoniennes.
Rien n’est plus complexe finalement que d’expliquer l’art de Myriam Mechita. D’un côté, il y a la séduction des matériaux qu’elle utilise (des paillettes, des perles et des miroirs), emportés par la
violence inquiétante de ses représentations (des corps décapités, des têtes de morts, des animaux de proies ou taxidermisés…). De l’autre, la symbolique du sujet, perpétuellement traversée par des forces contradictoires. L’art de Myriam Mechita est donc pluriel. Il propose un voyage mental à travers une pensée en perpétuelle mutation, évoque autant le raffinement féminin que sa force brutale et se charge de plusieurs sens entre illusion et vérité pour que finalement la signification se dérobe toujours.
Pour HabitéR, l’artiste a conçu un projet monumental pour la salle du Temple, une sorte de cascade d’énergie, d’images, de fluides et de cristaux qui vient irriguer l’espace naturel et mental de la grotte .

http://www.myriammechita.net

Biographie

Myriam Mechita vit et travaille à Paris, Berlin et New York. Elle est née en 1974 à Strasbourg.

Expositions personnelles

• 2008

  • Fond régional d’Art Contemporain de Basse Normandie
  • Galerie Nosbaum et Reding. Luxembourg
  • Gag Gallery. Adélaïde. Australie
  • Le Micro-onde. Centre d’art de Vélizy

• 2006

  • La Galerie, Centre d´art contemporain, Noisy-le-Sec
  • Centre d’art du Lac-Saint-Jean, Québec
  • Formica blues 2 et le soulagement des fils, exposition avec Richard Fauguet, Galerie de l’Ecole régionale des Beaux-Arts de Rouen
  • Désirer la flamme avant le brasier, Galerie Eric Dupont, Paris

• 2005

  • L’oeuvre levée ou la mesure du sens, Musée des Beaux-Arts de Gray
  • La mesure du sens ou l’exécution calibrée, Nosbaum & Reding – Art contemporain, Luxembourg
  • La suprématie du savoir ou l’oeuvre révélée, Open Space, Art Cologne, Cologne
  • Les décisions définitives ou la suprématie du savoir, Centre d’art de Saint-Cyprien
  • La superforme ou le retour de la langue, Galerie Eric Dupont, Paris
  • Festival plein les sens, hommage à John Cage, Mulhouse

• 2003 : Fluo, Institut Culturel de Karlsruhe.

Acquisitions

2006 : Musée des Abattoirs, Toulouse.

2005 : Domaine de Chamarande, Conseil Général de l’Essonne.

2003 : Musée d’Art Moderne de Strasbourg.